Êtes-vous triste, Madame ?

July 1, 2015

 

Votre dos droit, votre canne prête à partir et les quelques centimètres qui vous distancent de vos voisines de gauche me disent que peut-être leurs bavardages vous agacent. Vous ne leur en voulez pas d’avoir troublé votre silence, mais quand même, vous semblez vous boucher les oreilles. Êtes-vous triste, Madame ? Peut-être attendez-vous quelqu’un qui descendra du tramway, ou le tramway lui-même pour monter dedans. Ou simplement le temps à passer. Je vous regarde de loin, je me dis que je ne prends jamais le temps de m’asseoir sur un banc – est-ce qu’à votre âge, à l’âge de vos cheveux blancs, j’aurai toujours des fourmis dans les jambes ?

 

Le ciel est blanc qui annonce l’orage, vous avez revêtu une veste chaude pour ce jour poisseux, avez-vous froid, Madame ? Seriez-vous seule au bout du banc, j’irais peut-être m’asseoir à vos côtés. Je vous demanderais à quoi vous rêvez, et vous me parleriez de vos amours, pourquoi pas. De vos folies, de vos échappées. Je ne vois pas votre visage, mais peut-être que vous souriez. Parce qu’il n’y a pas d’âge, dites-moi, pour attendre un amant ?

 

Le soleil cogne, ça sent le jasmin dans ma tête, je pense à la chaleur de la sieste et à la moiteur des étreintes, je pourrais prendre un avion pour ça, vous savez, pour une sieste sous le jasmin. Et vous, Madame ? Vous souriez… Je vous entends.

 

 

 

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